La France craint un embrasement des banlieues après une deuxième nuit de violences

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://www.lesechos.fr/info/france/300221723.htm?xtor=EPR-1000
[ 27/11/07  - 14H40   - actualisé à 14:39:00  ]

Dans le Val d'Oise ce matin, François Fillon a estimé qu'il fallait "tout faire" pour éviter une contagion des violences comme en 2005. Nicolas Sarkozy devrait réunir une partie de son gouvernement demain 

Des affrontements très violents ont à nouveau éclaté dans la banlieue nord de Paris dans la nuit de lundi à mardi, faisant craindre une répétition des émeutes urbaines que la France a connu à l'automne 2005. Même si le scénario apparaît différent : les premiers éléments de l'enquête écartent en effet la responsabilité des policiers lors du décès de deux adolescents entrés en collision à mini-moto avec une voiture de police.

Quatre-vingt-deux policiers ont été blessés, dont quatre grièvement, certains atteints par des plombs de chasse, lors d'une deuxième nuit d'affrontements avec des jeunes, a-t-on appris mardi de source policière. Les autorités n'ont pas donné de bilan précis du nombre des blessés, mettant en avant un "souci d'apaisement". Une centaine de jeunes, le visage dissimulé par des cagoules, ont jeté dans la nuit des projectiles ou tiré sur les policiers qui ont répliqué à coups de flashball et de gaz lacrymogène. Au total, 63 voitures et cinq bâtiments ont été incendiés à Villiers-le-Bel, à une vingtaine de kilomètres de Paris, et dans six communes proches.

Face aux violences, le président Nicolas Sarkozy, qui était mardi en visite en Chine, devait réunir mercredi le Premier ministre François Fillon et plusieurs ministres. François Fillon s'est rendu sur place mardi matin et a annoncé que des renforts de police anti-émeutes seraient déployés dans la soirée. Il faut "tout faire", a-t-il souligné, pour éviter une contagion des violences comme en 2005, où tout le pays avait été touché par trois semaines d'émeutes et l'état d'urgence instauré.

L'un des principaux syndicats de police, Synergie, a estimé qu'un cap avait été franchi avec l'utilisation d'armes contre les policiers, dont un fusil de chasse. Il a estimé que le niveau de violences était "supérieur" à 2005. De même, le maire socialiste de Sarcelles, une ville voisine de Villiers-le-Bel, également touchée par les violences, a estimé que la situation dans les banlieues était "pire qu'il y a deux ans". "Il y a deux ans, on s'attaquait aux biens. Là, on s'attaque aux personnes, on est monté d'un cran. C'est impressionnant et dramatique", a déclaré François Pupponi à l'AFP. "C'est la guerre civile. Ils brûlent tout... Je n'ose pas sortir de chez moi, ni même ouvrir la fenêtre", a raconté une habitante de Villiers-le-Bel au quotidien populaire Le Parisien.

L'opposition a déploré qu'"aucune leçon n'a été tirée" des émeutes de 2005. Le député socialiste Arnaud Montebourg a mis en cause "une restriction, un désengagement des services publics, de l'Etat" dans les banlieues, où vit une forte proportion d'habitants originaires du Maghreb et d'Afrique noire et qui cumulent fort taux de chômage, pauvreté et exclusion.

En 2005, les violences avaient éclaté après la mort dans un transformateur électrique de deux jeunes poursuivis par des policiers dans une ville de banlieue parisienne. A l'époque, Nicolas Sarkozy était ministre de l'Intérieur. Ses propos, quelques mois auparavant, sur la nécessité de "nettoyer" les banlieues et l'utilisation du terme "racaille" avaient attisé la colère des jeunes.

(Source AFP)

Publié dans REVUES DE PRESSE

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