Tintin à l'Elysée

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://www.lesechos.fr/info/france/4652711.htm?xtor=EPR-1000  -  23/11/07  ]

En partant en Chine dimanche, le président français marcherait-il dans les traces d'un reporter belge ? Les grands voyages de Nicolas Sarkozy depuis son entrée à l'Elysée ressemblent fortement à la liste des premiers albums de Tintin. Le président est allé à Moscou le mois dernier alors que la saga tintinesque débute « au pays des soviets ». Sa première rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine a donné lieu à des rumeurs romanesques sur un empoisonnement à la vodka qui aurait bien pu arriver au capitaine Haddock. Nicolas Sarkozy a prononcé au Sénégal un discours qui n'aurait pas détonné dans le deuxième volume de Tintin qui se passait au Congo. Il était au début du mois à Washington, dans cette Amérique campée dans le troisième épisode d'Hergé. Il s'envole ce week-end pour la Chine où se situait le cinquième épisode de la célèbre bande dessinée, « Tintin et le lotus bleu ». Le journaliste tentait de se repérer dans la concession de Shanghai, le dirigeant tentera d'obtenir des concessions de Pékin. Début décembre, il ira « Au pays de l'or noir » qu'est l'Algérie. Et s'il n'a pas de voyage programmé chez les Picaros, l'un de leurs cousins, le Vénézuélien Hugo Chavez, est venu à Paris.

Difficile de résister à la tentation de poursuivre le parallèle avec l'entourage du président. Les premiers rôles sont évidents. Henri Guaino campe le capitaine Haddock, même si Jean-Louis Borloo s'en inspire aussi. Claude Guéant a le maintien policé de Nestor. Jacques Attali est le professeur Tournesol de la croissance (« un peu plus à l'ouest, je vous prie »). Le lyrique Jack Lang ou la pétulante Roselyne Bachelot ferait une réincarnation modernisée de la Castafiore, plus convaincante que la trop martiale Michèle Alliot-Marie. Brice Hortefeux et Christian Estrosi constituent le tandem policier des Dupont-Dupond (« je dirais même plus, l'intérieur n'est pas à l'extérieur »). Les autres rapprochements sont moins immédiats. Signe d'un vrai problème existentiel, aucun personnage d'Hergé ne fait penser à François Fillon, si ce n'est peut-être l'assureur Séraphin Lampion qui rêvait de s'installer à Moulinsart comme le Premier ministre au pavillon de la Lanterne. Et au-delà du yacht, il n'y a aucun point commun entre Rastapopoulos et Vincent Bolloré. Ici s'arrête donc le parallèle entre Tintin et le président. Le moteur atomique imaginé par Hergé n'étant pas encore au point pour les fusées, il serait d'ailleurs étonnant, en ces temps écologiquement corrects, que Nicolas Sarkozy gaspille des millions de litres de kérosène pour simplement pouvoir dire : « On a marché sur la lune ».

Publié dans REVUES DE PRESSE

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