Reflet de la précarisation de l'emploi, le revenu salarial a stagné depuis trente ans

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://www.lesechos.fr/info/france/4654850.htm?xtor=EPR-1000
Jeudi 29 novembre 2007

Selon une étude publiée ce matin par l'Insee, le revenu salarial net moyen (secteurs public et privé) a stagné sur la période 1978-2005, à 16.800 euros. Ce nouvel indicateur, plus proche de la réalité du marché du travail, reflète la précarisation de l'emploi.

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Le revenu salarial tient compte du développement de l'emploi à temps partiel et des contrats courts, qui tirent vers le bas le salaire perçu, sur l'ensemble de l'année, par un même individu, via un moindre nombre de jours rémunérés.

C'est un hasard du calendrier qui percute le débat sur le pouvoir d'achat. Selon une étude publiée ce matin par l'Insee, le revenu salarial net moyen est resté stable, en euros constants, entre 1978 et 2005 (à 16.800 euros en 2005). La période 2000-2005 enregistre même un recul (- 0,5 %). « Ce n'est pas quelque chose à quoi on s'attendait, parce que nous avions l'habitude de travailler avec d'autres indicateurs, comme le salaire moyen par tête (SMPT), qui augmente », explique Sylvie Lagarde, chef du département emploi et revenus d'activité.

De fait, l'évolution du SMPT (dans le secteur concurrentiel), qui mesure les variations de rémunération pour un salarié à temps complet, a encore progressé, selon l'Insee, de 1,8 % en euros constants l'an dernier, et de 29 % en euros constants entre 1978 et 2005. Le salaire mensuel de base, autre indicateur de référence, connaît lui aussi une évolution presque toujours positive (+ 1,2 % en 2006, + 0,9 % en 2005).

La stagnation du revenu salarial est liée, elle, à la définition de ce concept développé depuis l'an dernier seulement par l'Insee, et qui ajoute une dimension sociologique à ses calculs. « Jusqu'à présent, nous n'intégrions pas la qualité du travail, explique Michel Amar, chef de la division salaires et revenus d'activité. Là, nous prenons en compte l'impact de cette qualité. » Et celle-ci s'est dégradée.

Hausse des temps partiels

Ainsi, le revenu salarial (qui agrège secteurs privé et public) tient compte du développement de l'emploi à temps partiel et des contrats courts (CDD, intérim), qui tirent vers le bas le salaire perçu, sur l'ensemble de l'année, par un même individu, via un moindre nombre de jours rémunérés. Il s'agit d'une tendance lourde : la part des salariés ne travaillant pas à temps complet est passée de 17 % à 31 % sur la période. « Il faut prendre les situations d'emploi où il n'y a pas des temps complets toute l'année sur le marché du travail, fait observer Sylvie Lagarde. Il faut rendre compte de cette réalité. » Les écarts se sont en outre creusés entre certaines catégories de salariés, observe l'Insee : « De manière assez prévisible, c'est pour les jeunes, les ouvriers (surtout les femmes) et les employés, que les durées d'emploi contribuent le plus aux inégalités de revenu salarial. »

Pour autant, mettent en garde les statisticiens, ce revenu salarial n'est pas synonyme de pouvoir d'achat. D'abord parce que les revenus d'activité ne représentent « que » 60 à 70 % du revenu total disponible, les prestations sociales et les éventuels revenus du patrimoine venant les compléter. Par ailleurs, ce revenu salarial reflète la situation par individu, mais pas par ménage. Or, bien sûr, la population salariée a fortement augmenté sur la période, et les ménages sont aujourd'hui plus souvent bi-actifs qu'il y a trente ans, ce qui a amélioré, dans ces cas, le niveau de vie global du foyer.

Publié dans REVUES DE PRESSE

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