Bayrou enterre l'UDF pour fonder le MoDem

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20071130.FAP2454/bayrou_enterre_ludf_pour_fonder_le_modem.html
AP | 30.11.2007 | 21:11


A la veille du congrès fondateur du MoDem, les adhérents de l'UDF réunis en congrès extraordinaire ont voté non sans inquiétude vendredi soir l'intégration du parti centriste dans le nouveau parti de François Bayrou.

"L'UDF est membre fondateur du Mouvement démocrate auquel elle adhère (...) en tant que personne morale", stipule la résolution proposée par le troisième homme de la présidentielle aux quelque 1.500 adhérents présents au parc des expositions de Villepinte. Le texte a été adopté à main levée, malgré 36 voix contre et huit abstentions. Les 32.000 membres de l'UDF seront automatiquement adhérents du nouveau mouvement.

L'existence juridique de l'UDF est prolongée pour une "période transitoire" de trois ans, qui sera conclue par un nouveau vote. Ses intérêts "juridiques, matériels et moraux" ainsi que "les idées et les valeurs de l'UDF" seront "garantis" par un bureau de 20 à 30 membres.

Car la mise en sommeil du parti de centre-droit fondé en 1978 par Valéry Giscard d'Estaing et son intégration dans le MoDem, dont une partie des membres viennent de la gauche, n'est pas sans inquiéter les militants. "Je vous demande de ne pas décider pour moi de mon adhésion au MoDem", a lancé à François Bayrou un militant de la Gironde.

"Veillons à ce que l'élargissement sur notre gauche n'entraîne pas une érosion sur notre droite", a mis en garde le sénateur Jean Arthuis. Jugeant "impératif" que l'UDF "survive", l'ancien ministre de l'Economie a demandé en vain de préciser que les "intérêts politiques" de l'UDF resteront garantis pendant les trois ans de période transitoire.

D'autres étaient venus représenter les 21 députés UDF qui ont rallié Nicolas Sarkozy en fondant le Nouveau centre. "Trahi" par le rapprochement entre François Bayrou et son adversaire socialiste Ségolène Royal entre les deux tours de la présidentielle, Philippe, un militant, a accusé le fondateur du MoDem d'avoir "fait exploser l'UDF" par "calcul politique personnel".

Thierry Benoît, un des quatre députés élus en juin sous l'étiquette MoDem et qui a rejoint la semaine dernière la majorité présidentielle, est venu prendre congé de ses anciens amis.

Mais François Bayrou, soutenu bruyamment par une salle toute acquise, a eu facilement raison de ces quelques oppositions. "Il faut savoir changer pour vivre", a lancé le futur président du MoDem dans son discours d'ouverture. Il a rappelé le sens de sa démarche: former un "courant démocrate" indépendant de la droite et de la gauche pour représenter les "millions" de Français "majoritaires" qui croient en la "social-économie" et en l'Europe.

"Pour eux, l'UDF, c'est l'ancien siècle. Ce n'était pas la liberté et l'indépendance, c'était une composante, une variante de la droite", a expliqué M. Bayrou. "Ce que nous avons fait, c'est la réunion de ces deux affluents, l'addition des deux courants séparés qui forment la majorité réelle de la France."

Le leader centriste a défendu le "changement de fond" que représente la fondation du MoDem. "Nous étions enfermés dans l'alliance obligatoire avec l'UMP. Aujourd'hui, nous sommes un parti autonome capable de regarder à droite et à gauche", a-t-il fait valoir. "Nous portons un autre projet politique et un autre projet de société que celui que défendent l'UMP et le PS. Non pas une variante, non pas une nuance, non pas un autre dosage: un autre projet."

Samedi, les militants de l'UDF seront rejoints par les nouveaux adhérents du MoDem pour adopter les statuts du nouveau parti. Le congrès s'achèvera dimanche par le discours de clôture de François Bayrou. AP

Publié dans REVUES DE PRESSE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article