Perspectives économiques : l'OCDE refuse tout catastrophisme

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://www.lesechos.fr/info/inter/300224364.htm?xtor=EPR-1000
06/12/07  - 13H21   - actualisé à 13:39:00  ]

L'organisation internationale a revu à la baisse de 0,4 point sa prévision de croissance pour 2008, à 2,3%. Un scénario qu'elle ne juge pas si "défavorable" compte tenu des "chocs récents". Le PIB devrait croître d'environ 2% en 2008 comme 2009 en France. Aux Etats-Unis, 2008 devrait marquer un creux à 2,0%, avant 2,2%.  

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Le ralentissement est indéniable mais pas question de tomber dans le catastrophisme. Voici en substance le message délivré par l'organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) dans ses dernières perspectives économiques. Les experts du Château de la Muette anticipent désormais une croissance de 2,3% en 2008 dans l'ensemble des pays de la zone, soit 0,4 point de pourcentage de moins qu'en mai dernier. Le contexte devrait rester difficile en 2009, avec un PIB attendu en hausse de 2,4%. Mais l'OCDE tempère : "bien que la croissance a court terme ait été revue à la baisse presque partout dans la zone OCDE, le scénario de référence (...) n'est en fait pas si défavorable compte tenu des chocs récents".

Etats-Unis : 2,0% en 2008, 2,2% en 2009

Aux Etats-Unis, la correction du secteur immobilier devrait s'accentuer sur le court terme. Mais pas au point de faire plonger l'économie dans la récession. L'OCDE table ainsi sur une croissance de 2% l'an prochain, pour encore 2,5% en mai dernier, et de 2,2% en 2009. Cette croissance devrait s'accompagner de tensions inflationnistes "tout à fait modérées" d'ici à la fin 2009. Malgré tout, préviennent les experts, un "scénario plus défavorable est loin d'être exclu". Face aux tensions sur les marchés financiers et immobiliers, la marge de manoeuvre des responsables économiques américains est limitée par les contraintes budgétaires ce qui exclut "tout soutien généralisé aux emprunteurs en difficulté car le ralentissement de l'activité va sans doute peser sur les recettes et ainsi creuser le déficit fédéral". Hasard de calendrier, ces déclarations ont été publiées le jour même où l'administration Bush s'apprête à dévoiler un plan d'aide aux ménages les plus touchés par la crise du "subprime". Autre nuage pesant sur les perspectives économiques de la première économie mondiale, le départ à la retraite de la génération du "baby-boom", attendu dès l'an prochain, qui devrait accroître les pressions sur le budget.

Zone euro : 1,9% en 2008, 2% en 2009

Dans la zone euro, l'OCDE rejoint le FMI et s'attend désormais à une croissance de tout juste 1,9% en 2008 et de 2% en 2009, après 2,7% en 2007. En mai, l'organisation croyait encore possible une hausse du PIB de 2,3% l'an prochain. "La hausse des taux d'intérêt, l'appréciation de l'euro et le durcissement des conditions de crédit sont autant de facteurs qui freinent l'activité", expliquent les experts. Ce tassement est "essentiellement imputable à la consommation et au secteur de l'immobilier d'habitation", poursuivent-ils. Mais les perspectives "restent relativement bonnes", notamment sur les tensions inflationnistes, très vives actuellement, mais qui devraient "refluer en deçà de 2%". Dans ce cadre, l'OCDE plaide pour un maintien des taux directeurs de la zone euro.

France : moins de 2% en 2008, autour de 2% en 2009

La croissance du produit intérieur brut devrait être de 1,9% en France en 2007, rester "en-deçà" de 2% en 2008 et revenir "aux alentours" de 2% en 2009, selon l'OCDE. Le gouvernement se montre bien plus optimiste et parle d'une croissance proche de la "borne basse" de la fourchette de 2% à 2,5%. L'organisation estime par ailleurs que la France ne sera pas en mesure de poursuivre l'amélioration de son déficit budgétaire "qui va sans doute demeurer aux alentours de 2,6% du PIB au cours des deux prochaines années", ni de sa dette publique qui pourrait atteindre 67% du PIB d'ici à fin 2009, contre 63,2% prévus par Bercy. Malgré ce contexte budgétaire difficile, "les créations d'emplois vont se poursuivre, quoique à un rythme plus lent, permettant de nouvelles légères baisses du taux de chômage", estime toutefois l'OCDE. Selon ses prévisions, le taux de chômage devrait être de 8% de la population active en 2007, puis baisser à 7,5% en 2008 et s'établir à 7,4% en 2009. Quant à l'inflation, elle devrait continuer à progresser pour s'élever à plus de 2% en moyenne sur l'ensemble de l'année 2008, selon les experts qui contredisent, là encore, les prévisions françaises d'une hausse des prix limitée à 1,6%.

Allemagne : 1,8% en 2008, 1,6% en 2009

Le coup de frein s'annonce très marqué en Allemagne. Après 2,6% de croissance attendue en 2007, le PIB ne devrait pas croître de plus de 1,8% en 2008, contre 2,2% prévue en mai, et de 1,6% en 2009. Berlin est plus optimiste avec une prévision de croissance de 2% l'an prochain. "L'expansion économique devrait perdre de [sa] vigueur", sous les effets d'un fléchissement des exportations, traditionnel moteur de la conjoncture allemande, et des investissements industriels, explique l'organisation. Mais la consommation privée est appelée à prendre le relais grâce à "la nette embellie" du marché de l'emploi, nuancent les experts. A moins que, font-ils aussitôt remarquer, "l'augmentation des prix du pétrole ou des produits alimentaires est plus forte qu'on ne l'anticipe, ce qui pèserait sur le revenu disponible réel". Un autre danger menace l'économie allemande, un fort affaiblissement du solde du commerce extérieur lié au ralentissement mondial ou à une nouvelle appréciation sensible de l'euro face au billet vert.

Italie : 1,5% en 2008 et 2009

L'Italie réussit à réduire son chômage, mais peut mieux faire en termes de croissance et de dette, estime l'OCDE. "La croissance du PIB s'est ralentie au premier semestre de 2007 sous l'effet d'un tassement des exportations, s'est raffermie depuis, mais pourrait s'affaiblir de nouveau au quatrième trimestre. Elle devrait se poursuivre en 2008-2009 à un rythme voisin de son taux potentiel d'un peu moins de 1,5%", indique l'organisme. "Le chômage, qui a continué de baisser au premier semestre de 2007, devrait encore régresser, mais plus lentement", ajoute l'institution, qui prévoit un taux de chômage de 5,9% de la population active en 2007 et de 5,8% pour les deux années à venir. Le point noir de la péninsule reste les comptes de la nation. L'institution tape sur les doigts du gouvernement italien : "la révision en hausse des dépenses programmées n'est pas la meilleure réponse à l'augmentation imprévue et peut-être temporaire des recettes". L'OCDE exhorte au contraire Rome à poursuivre, "voire intensifier" la réduction envisagée du déficit et de la dette.

Chine : 10,7% en 2008, 10,1% en 2009

L'OCDE plaide pour des politiques macro-économiques plus strictes en Chine pour réduire les risques de surchauffe et calmer l'inflation. Afin de réduire aussi l'excédent commercial gigantesque de la Chine, comme le souhaitent les autorités, le rapport "suggère d'intégrer à cette politique de resserrement une volonté d'appréciation plus rapide de la monnaie". Il met aussi l'accent sur l'inflation et le "risque structurel d'inflation (qui) se dessine" et pourrait accroître "le regain de spéculation" boursière et immobilière "déjà observé". Concrètement, l'OCDE prévoit un taux d'inflation à 4,5% environ au cours des deux prochaines années pour un produit intérieur brut en hausse de 10,7% en 2008 et de 10,1% en 2009 après +11,4% cette année.

Inde : 8,6% en 2008, 8,4% en 2009

La croissance économique en Inde va ralentir jusqu'en 2009, en raison de la hausse continue de la devise locale et d'une baisse de la consommation, selon l'OCDE. Après un taux de croissance du PIB de 9,4% pour l'exercice budgétaire 2006 (achevé fin mars 2007), l'économie indienne devrait progresser de 8,8% en 2007, de 8,6% en 2008 et de 8,4% en 2009, indique-t-elle. "Pour obtenir une croissance forte et durable, il faudra mener un nombre substantiel de réformes économiques", notamment sur le marché du travail et en matière fiscale, insiste l'OCDE. "Les déficits budgétaires devront être encore réduits afin de faire place aux investissements des entreprises privées", ajoute l'organisation.

Russie : 6,5% en 2008, 6% en 2009

Sur la Russie, l'OCDE s'en est pris à "interventionnisme" grandissant de l'Etat en matière de politique industrielle, une "source majeure d'incertitude" qui risque d'entraver les réformes. Elle s'inquiète par ailleurs d'une tendance au "relâchement budgétaire" en cette période électorale , ce qui nourrit des pressions inflationnistes déjà significatives. Mais côté croissance, l'OCDE salue l'accélération intervenue en 2007 grâce à une consommation très dynamique et des taux de croissance de l'investissement jugés "exceptionnels" au premier semestre. Mais elle prévient que la Russie doit s'attendre à un ralentissement au cours des années suivantes à mesure que la demande intérieure s'apaisera. Elle table sur 7,3% cette année, puis 6,5% en 2008 et 6% en 2009.

Publié dans REVUES DE PRESSE

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