Un PS à géométrie variable complique l’union à gauche

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

http://domik.blog.20minutes.fr/archive/2007/12/13/un-ps-a-geometrie-variable-complique.html
13.12.2007



De gauche à droite, Jacques Michon, Éric Corbeaux et Alain Bruneel.

La volonté hégémonique d’un PS qui regarde de plus en plus
vers la droite,
comme à Roubaix, bloque le processus
de rassemblement à gauche dans le Nord.
Les communistes estiment au contraire qu’il y a urgence à s’unir face à la droite.

 

Le Parti socialiste souhaite-t-il vraiment le rassemblement des forces de gauche lors des élections municipales de mars prochain ? L’attitude de plusieurs de ses représentants locaux, ainsi que les ambiguïtés cultivées par ses responsables départementaux, dont le secrétaire fédéral, Gilles Pargniaux, inquiètent leurs homologues du Parti communiste. En plusieurs endroits, le PS ne cache pas son intention de ravir la place de maire quand celle-ci est occupée par un communiste ou de minorer (voire ignorer comme à Marcq-en-Barœul) la présence du PCF sur les listes de gauche quand, dans d’autres, il ne lorgne pas carrément sur la droite en privilégiant l’alliance avec le MODEM de François Bayrou. « Face à une droite arrogante et dangereuse, nous pensons qu’il faut lui opposer des digues locales. Il faut donc élire et réélire des maires et des élus de gauche porteurs de projets ambitieux et solidaires » affirme Éric Corbeaux, secrétaire de la fédération communiste du Nord.

 

Le PCF reste la 3e force politique
du département

 

Or, au PS, on ne semble pas vraiment sur la même longueur d’ondes. Ou du moins, il y a un hiatus entre un discours volontiers rassembleur et des faits qui le sont nettement moins, traduisant à la fois « une volonté hégémonique » et une dérive social-libérale que des dirigeants socialistes aimeraient bien voir validée par les électeurs en mars prochain. « Le PS a une stratégie à géométrie variable. Quand ça l’arrange, il choisit l’alliance avec les communistes, quand ça ne l’arrange pas, il provoque des primaires ou s’allie avec le centre » regrette Jacques Michon, maire de Waziers et président du groupe communiste au Conseil général du Nord. Éric Corbeaux estime que la ligne de conduite à gauche doit-être la même partout : renouvellement des accords de 2001 et rassemblement derrière le maire sortant. Or, par exemple à Raismes, à Denain ou Haveluy, des élus et responsables locaux s’apprêtent à organiser des primaires. À Raismes, l’adjoint socialiste à la Culture Léo La Cancerella pourrait accueillir sur sa liste un sympathisant du MODEM, ce qui, dans cette cité ouvrière du Valenciennois, est une curieuse manière d’afficher une identité de gauche. À Fourmies, Sin-le-Noble, Hérin, Prouvy, Valenciennes ou Wasquehal, le PS pousse à la division, en revendiquant un chef de file issu de ses rangs. Argument utilisé : le PCF serait en perdition électorale. Ce que contestent les responsables communistes du Nord, en rappelant que lors des dernières élections législatives, le PCF a progressé en voix et en pourcentage et demeure la troisième force politique du département

 

Le MODEM, c’est la droite

 

« À ce compte-là, nous pourrions revendiquer la tête de liste dans toutes les communes de la 16e circonscription » (où a été élu Jean-Jacques Candelier, NDLR) fait remarquer Jacques Michon. L’autre motif d’inquiétude réside dans le choix du PS déjà affiché à Roubaix de s’allier avec le MODEM. L’entente entre le maire socialiste et le centriste Arnaud Verspieren laisse craindre le pire à Eric Corbeaux. « Il faut que les électeurs sachent pour qui et pour quoi ils votent. Bayrou et le MODEM, c’est la droite. François Bayrou est d’ailleurs à la tête d’une liste opposée à celle du rassemblement de la gauche. Le PS fait une grave erreur en portant son regard sur la droite. Nous sommes dans le Nord, où la gauche a des racines profondes. Alors que la fédération du Nord du PS est longtemps apparue comme étant plus à gauche que le reste du parti, elle est aujourd’hui la pointe avancée des rapprochements avec la droite ».
« Le PS trompe ses électeurs » renchérit Alain Bruneel, maire de Lewarde et responsable de l’association des élus communistes et républicains du Nord. « Il aurait mieux à faire que de s’attaquer aux maires de gauche, à ceux qui résistent déjà à la droite ». Cette attitude a pour conséquence de bloquer le processus d’accords à gauche, « alors que nous devrions être déjà en ordre de bataille » estime Eric Corbeaux. Des rencontres entre responsables départementaux socialistes et communistes devaient se tenir ces jours-ci.
Bruno CADEZ

Publié dans REVUES DE PRESSE

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