M. Sarkozy se défend d'avoir "la mainmise" sur les médias

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

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Nicolas Sarkozy se défend de toute "mainmise" sur les médias, dans un long entretien publié jeudi 13 décembre par Le Nouvel Observateur.

"Nous atteignons le comble de l'hypocrisie française ! La presse est globalement de gauche, non pas socialiste, non pas partisane, mais culturellement de gauche. Cela ne gêne personne", affirme le chef de l'Etat.

"Lorsque Jean-Marie Colombani, directeur du plus grand quotidien français (Le Monde), deux jours avant le second tour, appelle à voter Ségolène Royal et à barrer la route à ce "bushiste néo-conservateur" de Sarkozy, c'est la démocratie !" (NDLR : dans son éditorial du Monde publié le 4 mai, Jean-Marie Colombani n'a employé ni l'adjectif "bushiste", ni le mot "néo-conservateur").

M. Sarkozy note qu'en France, "la liberté de la presse, c'est le soutien de la gauche. Quand on me soutient, ça devient la mainmise des médias", ironise-t-il. "La presse, globalement, a été opposée à ma candidature. C'est son droit. Dire qu'elle m'a aidée, c'est à exploser de rire !"

Interrogé sur sa proximité avec des patrons de presse, M. Sarkozy répond : "Si je suis le seul risque pour l'indépendance de la presse, vous pouvez dormir tranquilles." Le chef de l'Etat se réjouit du fait que Serge Dassault, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, Bernard Arnault, François Pinault, Claude Perdriel, possèdent des journaux.

"Réjouissez-vous que des industriels investissent dans la presse, plutôt qu'elle appartienne à des fonds de pensions anglo-saxons !", ajoute le président de la République.

Interrogé sur son omniprésence dans les médias, M. Sarkozy évoque ses liens avec TF1 : "Qui peut dire que cette chaîne a fait mon élection ?"

Le chef de l'Etat a été la personnalité la plus présente en nombre de passages au troisième trimestre dans les journaux télévisés des grandes chaînes, selon l'étude trimestrielle de l'Institut national de l'audiovisuel (INA) publiée mardi 4 décembre. La palme revient à TF1, qui a consacré 43 séquences au président.

Président du Forum des sociétés de journalistes (SDJ) et président de la Société des rédacteurs (SRM) du Monde, Jean-Michel Dumay déclare : " Que le chef de l'Etat se satisfasse de la montée en puissance des industriels dans les médias témoigne d'une totale désinvolture sur le sujet."

Rappelant que M. Sarkozy est le "garant constitutionnel du pluralisme de l'information", M. Dumay juge les propos du chef de l'Etat "inacceptables et dangereux".

"Les faits ne sont ni de droite, ni de gauche, rappelle le président du Forum des SDJ. L'immense majorité des journalistes qui en rendent compte ont cette vérité, qui est aussi une exigence, à l'esprit. C'est vraiment mal connaître le métier de journaliste dans sa diversité et dans ses contraintes, que de porter un tel jugement partisan".

M. Dumay ajoute : "Que M. Sarkozy accepte donc de rencontrer les journalistes pour parler de la crise de la presse plutôt que de jeter stérilement des anathèmes." Le Forum des sociétés de journalistes a demandé à rencontrer M. Sarkozy en juin, sans succès.

Devant l'importance "du temps d'exposition médiatique" de M. Sarkozy, François Hollande, premier secrétaire du Parti socialiste, et Didier Mathus, député PS de Saône-et-Loire, avaient saisi le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), fin septembre, pour lui demander de comptabiliser les interventions du président de la République.

Mais le CSA, arguant d'une décision du Conseil d'Etat de mai 2005, a répondu par une fin de non-recevoir.

 
Pascale Santi
Article paru dans l'édition du 14.12.07.

 

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