Le Nouveau Centre veut ressusciter l’ancienne UDF

Publié le par Le.vent.qui.souffle.sur.Chelles

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Judith Waintraub
17/12/2007 | Mise à jour : 17:00 |

Quinze jours après le congrès fondateur du MoDem, Hervé Morin (à droite) et André Santini ont réuni, hier à Paris, le premier conseil national du Nouveau Centre.
Quinze jours après le congrès fondateur du MoDem, Hervé Morin (à droite) et André Santini ont réuni, hier à Paris, le premier conseil national du Nouveau Centre.

Le parti d’Hervé Morin cherche sa place entre le MoDem et l’UMP.

«We are family» : la musique (signée Sister Sledge) est seventies, les références politiques aussi. Hervé Morin, président provisoire du Nouveau Centre, l’a dit hier en conclusion de son premier conseil national : il veut «faire revivre la famille politique née en 1978» sous le sigle UDF. Ce n’est pas gagné, même si la Maison de la chimie, avec son millier de places assises, s’est révélée top petite pour accueillir les élus et militants centristes ralliés à Nicolas Sarkozy entre les deux tours de la présidentielle.

Premier obstacle : l’UDF existe encore. François Bayrou a beau l’avoir transformée en «membre fondateur» du MoDem, il y a quinze jours, à Villepinte, le nom de l’ex-candidat centriste reste associé à la marque. Au grand dam de ses anciens amis, qui continuent de crier à l’usurpation. «Quelqu’un nous a volé la clé et a décidé de passer un coup de bulldozer sur notre maison», s’est plaint Jean-Christophe Lagarde. Le député-maire de Drancy refuse comme Hervé Morin que sa famille d’origine ait été «enterrée en catimini parce que tout simplement elle ne pouvait plus servir l’ambition d’un homme».

«Nous en avons ras le bol d’être insultés alors que nous avons été fidèles à nos convictions», a renchéri le député du Lot-et-Garonne Jean Dionis du Séjour. Plus vindicatif, son collègue du Loir-et-Cher Maurice Leroy a tonné : «La morale, ça suffit ! Quels élus sont restés au MoDem ? Ceux qui ne doivent leur siège qu’à la volonté de François Bayrou !»

Avec ses bientôt 23 députés– en comptant celui d’Ille-et-Vilaine Thierry Benoit, qui vient de rompre avec François Bayrou –, le Nouveau Centre n’a pas à craindre la concurrence numérique du MoDem, qui ne gardera que trois élus à l’Assemblée. Mais pour exister vraiment, les anciens UDF doivent lutter contre un autre obstacle : la tentation hégémonique de l’UMP. Hervé Morin, pour qui «être dans la majorité, c’est aussi se faire respecter», veut faire un exemple avec la réforme des institutions.

Attaché à l’introduction de la proportionnelle aux législatives et à l’interdiction du cumul des mandats, il a prévenu que ces deux mesures feraient partie des «conditions, dont certaines seront incontournables», d’un vote positif du NC au congrès.

 

Épreuve de force

 

Les municipales s’annoncent aussi comme une épreuve de force avec l’UMP, même si le député de la Marne Charles de Courson a résumé l’avis unanime en affirmant que «la seule alliance possible des centristes est à droite». Hervé Marseille, candidat à un nouveau mandat à Meudon et délégué national du NC aux élections, a promis qu’il ne laisserait pas confiner ses candidats au rôle de «supplétifs». Le secrétaire d’État à la Fonction publique, André Santini – qui s’est exclamé à la tribune : «La politique est une grande aventure quand on a la chance de la vivre au côté de Nicolas Sarkozy !» – assure que le chef de l’État a «promis d’intervenir» pour faire respecter les intérêts électoraux du Nouveau Centre, mais rien n’est encore acquis.

Publié dans REVUES DE PRESSE

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