Il manque à la France "un président sage" qui la protège contre "l'actionnite désordonnée".

Publié le par CHELLES AUTREMENT

17 janvier 2008

bayrou-portrait-small.jpgDans un entretien à l'hebdomadaire L'Express à paraître jeudi, François Bayrou affirme: "Ce n'est pas je communique à tout va, mais j'inspire confiance. C'est s'arrêter pour réfléchir, c'est se protéger et protéger le pays contre l'actionnite désordonnée. Laisser à d'autres le court terme, et penser le long terme". Selon lui, "ce type de président, un président sage, manque cruellement à la France". Il estime notamment que "remettre en cause le principe de la laïcité, c'est ouvrir la boîte de Pandore". "La fonction présidentielle, ce n'est pas s'occuper de tout, mais de l'essentiel" a-t-il rajouté.

L’Express : À quoi pouvez-vous servir aujourd’hui ?
François Bayrou : À y voir le plus clair possible sur ce que la France est en train de vivre. Et à préparer un autre projet de société.

Comment définiriez-vous le Sarkozysme ?
D’abord un projet politique : l’alignement de la France, le plus vite possible, sur le modèle de société qui domine la mondialisation, le modèle américain. Ensuite, une conception du pouvoir, qui tire la fonction présidentielle vers le star system, la société du spectacle, et la connivence avec les puissants, les plus riches et les plus célèbres. Et au fond, sur ces deux points, je défends l’exact contraire : contre le modèle dominant dans le monde, l’avenir du modèle républicain français, et contre le pouvoir spectacle, la confiance aux citoyens.

À quoi identifiez-vous le modèle américain ?
- On dit américain pour faire image. Mais ce modèle avance partout. Et il a trois traits principaux. Il est inégalitaire par principe. Il est matérialiste. Et sa démocratie est dévorée par la com’, la démagogie people.

Commençons par ce que vous appelez « l’inégalité croissante »…
C’est un basculement de l’histoire. Depuis le milieu du dix-neuvième siècle, on vivait dans tout l’occident avec l’idée que le progrès allait faire reculer les inégalités. Et cette idée transcendait tous les clivages politiques. Mais au tournant des années 80, sans qu’on s’en aperçoive clairement, un autre modèle a pris le pouvoir, une autre idéologie, pour qui le vrai moteur du progrès, ce sont les inégalités. Il est donc vain de prétendre les faire reculer. Au contraire, il faut les légitimer ! Ainsi le monde financier fait des fortunes foudroyantes, l’imposition sur les successions disparaît, le dumping fiscal règne en maître, pour mettre ces inégalités à l’abri de l’État. Ne vous trompez pas : en termes matériels, ce modèle a été extraordinairement efficient. Mais, au bout du chemin, il ruine l’idée de société, du vivre ensemble.

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