Les associations en quête de sang neuf

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

[ 25/06/08  ]

Le monde universitaire à l'envers... Lors du dernier séminaire de France Bénévolat, c'est dans un silence concentré que l'assistance, composée en majorité de personnes d'âge mûr, écoutait un jeune homme, Pierre Méheust, parler avec un débit très rapide du fonctionnement de l'association qu'il préside, le Genepi. Le Groupement étudiant national d'enseignement aux personnes incarcérées, une association loi 1901 très particulière, développe les contacts entre les étudiants de l'enseignement supérieur et le monde pénitentiaire. Mais c'est le thème même de la rencontre, « Le renouvellement et la formation des dirigeants associatifs », qui était emblématique de la saison des assemblées générales associatives, qui bat son plein ce mois-ci.

Le Genepi n'emploie que trois salariés mais compte 1.300 membres, des étudiants tous bénévoles, sauf une quinzaine de dirigeants. Toute la mécanique repose sur une formation interne lourde, pour chacun. Une nécessité car les « génépistes », en majorité des jeunes femmes, se renouvellent à 70 % tous les ans. Pour les responsables, on frise les 100 %, sachant que la deuxième année permet de prendre des responsabilités dans l'association, en grimpant rapidement les échelons, du bénévole de terrain au bureau national.

Il s'agit d'un cas extrême qui tient du laboratoire d'idées, avec sa formation à la fois « verticale », qui permet de dispenser des savoirs nécessaires, et « horizontale », pour permettre aux nouveaux venus de s'approprierce projet associatif, grâce à un gros travail lors des assises annuelles. Sans tomber dans la naïveté : les dirigeants de ce mouvement en renouvellement perpétuel ont le plus souvent exercé des responsabilités dans d'autres associations, dans une vie antérieure. Et on peut parier qu'ils en exerceront par la suite, ailleurs...

Formation interne

C'est un secret de Polichinelle : il est difficile de s'improviser élu du conseil d'administration, membre du bureau et plus encore président d'une association, même pour un bénévole très motivé. Sauf à créer une toute petite association, sans trop de liens avec l'extérieur... En plus, les greffes ont du mal à prendre, y compris quand des administrateurs de grandes associations se retrouvent à la tête de plus petites, a fortiori lorsque de jeunes cadres retraités ne peuvent s'empêcher d'importer leurs réflexes d'entreprise.

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