Le tabou du salaire des seniors

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

VÉRONIQUE NGUYEN

[ 06/08/08  Les Echos   ]

L'application de la logique de marché aux salaires des cadres devrait faire apparaître une courbe en U inversé entre le salaire et l'âge.

Notre société se refuse à reconnaître et à entériner ce décrochage des salaires à l'approche de la cinquantaine par fidélité à certaines valeurs qui, sans aller jusqu'au culte des ancêtres, accordent certains privilèges à l'âge. De ce décalage entre réalité économique et valeurs, il résulte une inélasticité à la baisse du salaire des seniors, qui contribue à maintenir un taux de chômage des seniors anormalement élevé.

Le chômage des seniors, réel ou masqué par les retraites anticipées, est un phénomène bien établi. Le taux d'emploi des 55-64 ans en France est de 30,7 % (contre une moyenne nationale de 62,7 % et une moyenne européenne de 38,2 %). Autrement dit, seulement 30,7 % des personnes âgées de 55 à 64 ans ont un emploi.

Parallèlement, les entreprises s'arrachent les jeunes diplômés et multiplient les opérations de séduction. D'où un taux d'emploi des diplômés de grandes écoles de 87,5 % (1). « Nous sommes dans une période de guerre des talents. Tous les cabinets s'arrachent les mêmes ressources ».

Le marché apparaît donc déséquilibré : les seniors, même diplômés des grandes écoles, peinent à se placer, alors que les jeunes diplômés sont l'objet de toutes les sollicitations. Des seniors qui ont la même formation initiale que les jeunes diplômés et peuvent de surcroît se targuer d'une expérience, de compétences professionnelles, d'une aptitude au management que les jeunes n'ont pas, sont étrangement boudés par les employeurs.

LIRE LA SUITE

Publié dans SOCIETE - SOCIAL

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article