Enquête sur l'affaire DSK

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

Par Corinne Lhaïk, Philippe Coste, Marcelo Wesfreid, Eric Mandonnet, Elise Karlin, mis à jour le 22/10/2008 12:46:32 - publié le 22/10/2008 11:25

D'un côté, le Dr Strauss, populaire et légitime à la tête du FMI. De l'autre, Mr Kahn, l'homme qui aime les femmes et sa liberté. Son aventure avec l'une de ses salariées menace sa mission aux Etats-Unis. Peut-elle, demain, contrarier son parcours politique en France ?

Dominique Strauss-Kahn est un virtuose du jeu d'échecs, capable de mener, dans sa tête, une partie contre lui-même. Dans la vraie vie, aujourd'hui, DSK se bat aussi avec son meilleur ennemi. Parce que ses passions l'ont emporté sur sa raison, il fragilise son poste de directeur général du Fonds monétaire international (FMI) et, peut-être, son avenir politique en France.

Son crime? Dans un pays, les Etats-Unis, où certains patrons évitent de prendre seuls un ascenseur avec l'une de leurs subordonnées, il a fait un peu plus que cela. Ses circonstances atténuantes? Difficile d'en trouver. L'ancien ministre de l'Economie de Lionel Jospin (1997-1999) connaît la culture et les règles américaines, ainsi que celles de la maison qu'il dirige.

Une vie "passée au laser"

Quelques semaines avant qu'il arrive à Washington (il entre en fonction le 1er novembre 2007), un journaliste de Libération, Jean Quatremer, les lui rappelle publiquement sur son blog. La mise en garde du chef de l'Etat, elle, est restée privée: "Méfie-toi des Etats-Unis; là-bas, les comportements personnels sont regardés à la loupe", lui a dit, en substance, Nicolas Sarkozy avant son départ. C'est lui qui a appuyé la candidature de Strauss-Kahn au FMI, le préférant à Washington plutôt qu'à Paris, où il aurait pu former un axe social-démocrate avec François Bayrou et Bernard Kouchner. Le président l'a soutenu pour son talent, mais il connaît aussi ses faiblesses: il confie souvent que, si DSK se présentait à l'Elysée, sa vie "serait passée au laser" - c'est son expression. Et il pense qu'elle ne résisterait pas à l'examen...

L'une de ces faiblesses s'appelle donc Piroska Nagy. Le 18 octobre, le Wall Street Journal révèle que le FMI a ordonné, en août, une enquête sur un éventuel abus de pouvoir de Dominique Strauss-Kahn, à la suite d'une relation sexuelle avec l'une de ses subordonnées, spécialiste du Ghana au département Afrique du FMI.

Un cabinet d'avocats, Morgan, Lewis et Bockius, est chargé de déterminer si cette cadre a fait l'objet d'un traitement particulier. Comme 600 autres employés du siège de Washington, Piroska Nagy a quitté le FMI, dans le cadre d'un plan de départs volontaires. Son départ à elle aurait-il été un peu moins volontaire que celui des autres? A l'inverse, aurait-elle bénéficié de conditions particulièrement avantageuses? Les avances de DSK à la dame font parler dans les couloirs du FMI depuis décembre 2007. C'est à Davos, en janvier dernier, qu'elle y a répondu.

Le précédent Wolfowitz

Quelques mois plus tard, son mari, Mario Blejer, un économiste argentin, découvre un lot de courriels galants, ravivant les commentaires. Ces bruits parviennent au représentant de la Russie au FMI, Alexeï Mojine. Après s'être entretenu avec Blejer, le Russe alerte l'Egyptien Shakour Shaalan, doyen du conseil d'administration du Fonds. Mojine a-t-il voulu venger son pays? En 2007, Moscou avait présenté, en vain, son propre candidat à la direction du FMI...

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Publié dans DIVERS

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