17/2 - François Bayrou invité politique de RTL

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

Le Président du Mouvement Démocrate était l'invité d'Alba Ventura sur RTL, ce mercredi 18 février à 7h45.

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François Bayrou : Bonjour.

En Guadeloupe, la tension est montée d'un cran ces dernières heures.. Est ce que vous pensez comme le dit notre envoyé sur place Olivier Geay que l'île est en train de basculer dans le chaos ?

Ah je pense que c'est au bord de ce gouffre que l'on se trouve... Et beaucoup de gens naturellement en souffrent... Et si j'ose dire, trinquent... Parce qu'on a géré cette crise depuis le début avec un pas en avant, un pas en arrière et que évidemment aujourd'hui, on se trouve devant un débordement, incontrôlé, incontrôlable pour l'instant.Et qui est extraordinaire inquiétant. Vous avez dit que je ne m'étais pas exprimé, je me suis exprimé le premier sur cette crise.

Vous avez dit oui, que le gouvernement avait été honteux, Nicolas Sarkozy honteux.. de ne pas en parler lors de son intervention télévisée.

Je me suis exprimé le premier parce que depuis le début, je considère qu'on est là devant un abcès de fixation de quelque chose qui est très profond et qui touche en effet aux conditions de vie. Nous avons découvert tous ensembles, j'avoue que je ne le savais pas... que c'est l'Etat qui fixe le prix de l'essence..avec des rampes de situation, qui sont évidemment inacceptables avec un coût de la vie qui est extraordinairement élevé. J'avais demandé, peut être vous vous en souvenez, pendant la campagne présidentielle, qu'on mette en place un observatoire du coût de la vie dans les DOM-TOM pour que tout le monde voit bien quelle était la réalité de ce cout de la vie. Il y a donc là, des choses extrêmement lourdes.. et tout cela sur un fond, on dit "racial"... Je ne suis pas tout à fait de cette avis.

Il n'y a pas cette dimension ?

Attendez, c'est plus grave...C'est pas une affaire de couleur de peau cependant...Je crois que c'est le poids énorme qui vient du passé, et notamment de l'esclavage, du souvenir, ou de la hantise de l'esclavage, qui se trouve en cause dans tous ces mouvements..avec un immense besoin de reconnaissance et d'autonomie qui pour l'instant n'est pas satisfait.

Mais ça vous choque d'entendre  le leader du LKP Elie Domotta dire l'Etat veut casser du nègre ?

Bon, il y a tout le temps des débordements verbaux dans ce genre d'affaire, et il faut par pitié, éviter les débordements verbaux. Mais il faut à la fois l'ordre, la nécessité de l'ordre et il faut à la fois, si on peut éviter la violence parce que je ne vois pas de quelle manière la violence aujourd'hui déboucherait sur autre chose qu'un immense gâchis, chaos et risques.

Vous condamnez ces violences ? A l'Instant le gouvernement appelle au calme par la voix du porte-parole Luc Chatel... Vous appelez au calme ?

Bon, c'est la huitième fois qu'on entend des déclarations de cet ordre...

Et ça ne fait qu'empirer.

Moins il y a de mots, et plus il faut d'actes au contraire, ce n'est plus dans le domaine des mots que se trouve cette crise.. c'est dans le domaine, je crois des actes... Il y a plusieurs semaines, en tous cas deux semaines, qu'on aurait du éviter ce départ précipité du secrétaire d'Etat, rappelé par le gouvernement, simplement parce qu'il y avait une incroyable incompréhension entre le gouvernement et son représentant.

Mais le gouvernement a été calamiteux, comme vient de le dire Alain Duhamel ?

Oui, je crois que c'est le bon mot, le gouvernement n'a pas su gérer cette crise, plus encore il a fait un certain nombre de gestes qui ont aggravé la crise.. C'était calamiteux, et c'était dangereux.

Et est ce qu'on peut répondre à l'exigence d'une augmentation de 200 euros sur les bas salaires ? Est ce que vous le pensez vraiment.

J'ai proposé pendant la campagne présidentielle une idée, dont je suis certain que, qu'elle est une piste. J'avais proposé que l'Outre Mer devienne zone franche. C'est à dire qu'Outre Mer, on mettre entre parenthèse tout ce qui est de l'ordre des charges sociales pour permettre le développement d'une économie, qui soit une économie de bonne santé. Parce que ça n'est pas une économie de bonne santé quand on est obligé d'importer tout et quand les activité que l'on créé se trouve constamment grevées et n'étant pas au prix normal. Et donc, il y a quelque chose qui doit être rechercher du point de vue l'équilibre entre salaires et charges sociales et la zone franche me parait répondre à cette idée.

François Bayrou, cet après-midi donc, Nicolas Sarkozy réunit donc à l'Élysée, les partenaires sociaux pour leur présenter des mesures censées répondre à la crise. Alors, il y a plusieurs pistes : exonération de la première tranche d'impôts, des aides type chèques emploi, on parle d'un montant de 200 euros... Des primes de fin de CDD, augmentation de l'indemnisation du chômage partiel...le partage des profits. Est-ce qu'il y a au moins une piste qui vous satisfait ?

Bon, on va encore une fois, multiplier les promesses. Dont, je crains, les Français ne verront pas l'effet... Qu'est ce qui est frappant dans cette affaire ? Premièrement on ne peut pas multiplier les dépenses par milliards et par milliards en direction des grandes entreprises ou du monde bancaire, sans qu'il y ait un geste en direction des familles. Attendez.. et un geste infiniment plus lisible et plus important que ceux qu'on nous promet jusque là. Je vais prendre un exemple : on nous annonce qu'on va toucher à la première tranche de l'impôt sur le revenu ou à l'impôt sur le revenu lui même. Il y a la moitié des famille, plus de la moitié des familles, la majorité des familles en France qui ne relève pas de l'impôt sur le revenu. Ils relèvent d'autres impôts, TVA, etc. Ils paient de l'impôt, mais pas l'impôt sur le revenu. Et c'est donc la partie au fond, la moins défavorisée de la société qui va être touchée par cette annonce, à supposer qu'elle soit faite parce que pour l'instant, je crois que tout n'est pas encore réglé. Ça c'est une première idée. Moi, j'ai proposé depuis longtemps que l'on prenne les, je vais prendre un ordre de grandeur, les 5 millions de familles, qui en ont le plus besoin, ceux qui sont en difficulté, ceux dont on ne parle jamais. Par exemple les retraités qui ont de toutes petites retraites. Par exemple les jeunes étudiants... qui n'y arrivent pas

Mais là, il y a des aides prévues annoncées pour les personnes âgées pour les familles qui ont des enfants, les parents isolés...

En tous cas, moi qui observe, je ne vois pas venir ce qu'il faudrait. J'avais proposé un livret épargne crise d'un montant de 1.000 euros comme vous le savez aux Etats-Unis, c'est 1.000 dollars qu'on a choisi... D'un montant de 1.000 euros qui permettrait à ces familles de passer, de voir un peu mieux les situations de surendettements dans lesquelles, ils se trouvent... Alors, c'est un geste social,  mais c'est un geste symbolique en même temps, parce que ça veut dire : on ne s'occupe pas que du haut de la pyramide, on s'occupe aussi du bas de la pyramide. Et c'est un équilibre absolument nécessaire... Alors vous allez me dire, comment on finance ?

Oui et puis surtout vous ne souhaitez pas qu'on alourdisse....

Vous avez absolument raison, parce que je trouve que le déficit est un énorme risque et qu'il est en train de s'accentuer... Je dis qu'on ne peut pas traverser cette crise en laissant une mesure aussi mal inspirée que le bouclier fiscal qui coûte 15 milliards par an..

On supprime le bouclier fiscal ?

Voyez ce que je viens de dire, c'est 5 milliards, 5 millions de familles à 1.000 euros, dépensés une seule fois... Le bouclier fiscal, c'est 15 milliards tous les ans, au profit, en tous cas au moins 5 à 6 milliards, au profit des plus favorisés des Français. Je trouve que ce geste de solidarité nécessaire qui consiste à dire, en période de crise, il faut que tout le monde fasse un effort, soit solidaire, et en particulier nous allons mettre entre parenthèse, ou mettre un terme au bouclier fiscal qui a été mal décidé et mal inspiré, me paraîtrait une mesure juste. Et vous vous souviendrez, et je finis avec ça, on ne peut pas avoir de réponses que nationales. Voilà pourquoi j'ai proposé au gouvernement ou demander au gouvernement de mettre sur la table l'idée d'un emprunt européen, de l'ordre de ce que Barak Obama a fait aux Etats-Unis. J'avais dit 3% du PIB en direction en particulier, des petites et moyennes entreprises, qui vont être la cible de cette énorme crise que nous sommes en train de vivre... et qui vont être les plus fragiles en face d'elle.

François Bayrou, l'UMP vous a traité de populiste, d'être à la remorque de toutes les revendications...

Et bien, en effet je reconnais que ce qui manque le plus c'est de comprendre et d'entendre le peuple dans sa vie de tous les jours... Les gens ne reconnaissent pas dans les mots que le pouvoir utilise, dans le déluge de mots et de promesses que le pouvoir utilise , les gens ne reconnaissent pas leur vie, leur propre vie. Alors, s'il y a des hommes politiques qui en effet, défendent les aspirations populaires, je trouve qu'ils sont bien à leur place.

Merci beaucoup, François Bayrou.

Publié dans MOUVEMENT DEMOCRATE

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