Attitudes et opinions des Européennes à la veille des élections européennes 2009

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES


ANALYSE SOCIODEMOGRAPHIQUE

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Cette étude porte sur un an et demi à travers l'analyse des résultats des enquêtes Eurobaromètre standard n° 68, 69 et 70. Par conséquent, il ne s'agit pas d'une analyse qualitative sur les raisons qui amènent les européens interrogés à répondre dans telle ou telle direction, mais bien d'une analyse quantitative comparative.


Des statistiques parlantes:

Avant de dégager les grandes tendances de cette étude, il convient d'évoquer les statistiques d'Eurostat (voir annexe) qui parlent d'elles-mêmes. Elles permettent peutêtre de mieux appréhender les réponses des uns et des autres:
- Taux d'emploi au niveau de l'Union européenne en 2007: celui des femmes était inférieur de 14,2 % à celui des  hommes;
- Taux de chômage au niveau de l'Union européenne en 2008: celui des femmes était de 0,9 % supérieur à celui des hommes;
- Revenu annuel brut (€): en 2005: 34536 pour les hommes; 26678 pour les femmes
- Rémunération horaire: en 2007, l'écart entre hommes et femmes était de 17,4 %.

La situation personnelle des femmes:
L’analyse des données des enquêtes Eurobaromètre révèle que les femmes ressentent leur situation actuelle comme étant plus négative que celle des hommes. Cela se manifeste dans pratiquement tous les domaines et notamment :
- Sur leur perception de la situation économique, tant au niveau national qu'européen qui est moins optimiste que celle des hommes ;
- Sur leur vision de la globalisation, considérée par elles comme plus menaçante que par les hommes ;
- Sur leur soutien à l'euro qui est nettement plus faible que celui des hommes.

L'écoute et la confiance
Plus accaparées que les hommes par le quotidien de la vie, les femmes:
- Ont pratiquement le même niveau de défiance que les hommes dans les institutions, mais elles sont plus nombreuses à ne pas formuler de réponse à ces questions : le taux de "ne sait pas" est plus élevé chez les femmes ;
- Ont moins le sentiment d'être écoutées que les hommes au niveau européen;

La perception de l'Union européenne
- Les visions négatives des hommes et des femmes à l'égard de l'UE s'équilibrent ;
- Les visions positives sont moindres chez les femmes car elles sont plus nombreuses à avoir une image neutre de l'Union

L'évaluation de l'appartenance à l'UE
Les visions sont les mêmes que pour le point précédent.

Les politiques à défendre par le PE
Pour les femmes, la priorité est à donner à la protection du consommateur et de la santé publique, pour les hommes à la lutte contre le terrorisme.

Les thèmes de campagne
Pour les femmes, la question du chômage doit être prioritairement débattue avant celle de la croissance économique, pour les hommes c'est l'inverse.

Par ailleurs, il est important de souligner que le taux de "Ne sait pas" est supérieur pour les femmes pour quasiment toutes les questions étudiées. On peut s'interroger sur cette différence et se demander si cela ne résulte pas d'une propension plus forte des hommes à répondre systématiquement aux questions qui leurs sont soumises.

L'intérêt pour les élections et l'intention de se rendre aux urnes
Si les femmes se déclarent moins intéressées que les hommes par le scrutin européen, leur intention de se rendre aux urnes est quasiment identique. Lors des dernières élections de 2004, le taux de participation homme/femmes s'est avéré lui aussi presque similaire.

SITUATION ACTUELLE, VIE DANS L'UNION EUROPEENNE AUJOURD'HUI ET PERSPECTIVES FUTURES

Les femmes sont plus pessimistes sur les sujets suivants :

Situation personnelle :
- Situation financière de leur ménage : 37% des femmes la juge mauvaise, contre environ 31% pour les hommes.
- Sentiment d'éprouver des difficultés économiques : 48% des femmes avouent avoir des difficultés à payer leurs factures, contre 44% d'hommes.
- Les femmes trouvent que leur situation financière s'est détériorée au cours des cinq dernières années (53% contre 48% d'hommes).
- Elles appréhendent de façon négative leur situation financière dans les 12 prochains mois : 29% de femmes pensent que leur situation va s'empirer, contre un quart d'hommes à le penser.

L'analyse des autres variables sociodémographiques révèle que le sentiment d'éprouver des difficultés économiques augmente avec l'âge et diminue avec l'âge de fin d'études. Il y a en fait de plus grandes différences au sein même des groupes des hommes et des femmes qu'entre eux.

Situation économique au niveau national :
- 72% des femmes trouvent que l'économie de leur pays va mal, contre 66% des hommes.
- Les femmes sont plus pessimistes concernant l'état du marché du travail dans leur pays : 72% le trouvent mauvais contre 67% d'hommes.

Economies européenne et globale :
- Les femmes sont plus préoccupées par l'augmentation des prix/l'inflation que les hommes : 39% contre 35%.
- Elles citent plus souvent cette situation comme le principal problème auquel elles font face personnellement : 52% contre 47%.
-  De façon transversale dans l'enquête, elles répondent plus souvent "Ne sait pas", ce qui révèle que les femmes seraient moins susceptibles que les hommes de s'exprimer sur des sujets qui ne les concernent pas directement.


REPRESENTATION

- En général, les femmes disent moins discuter de politique que les hommes.
- Il n'y a que de faibles différences entre hommes et femmes sur leur sentiment que leur voix compte aux différents niveaux de décision.

Les hommes et les femmes ne parlent pas autant de politique. Il y a de fortes différences entre eux :
- 34% des femmes répondent qu'elles ne discutent jamais de politique, alors que cela n'est le cas que pour moins d'un quart des hommes (23%).

Le sentiment que sa voix compte :

- Les femmes sont un peu moins nombreuses à penser que leur voix compte dans leur pays (46%) que celles qui ne le pensent pas (47%).

- C'est l'inverse pour les hommes (49% sont d'accord contre 46% à ne pas être d'accord), bien que les différences entre les deux groupes soient minimes.

- Au niveau de l'Union européenne, seules 29% des femmes (et 32% des hommes) pensent que leur voix compte.

Quand on leur demande si les décisions de politique devraient être prises au niveau national ou en commun avec l'UE, les femmes répondent en général un peu plus souvent que les hommes qu'elles préfèrent que les décisions soient prises au niveau le plus proche d'elles : le niveau national. Il s'agit notamment, tant pour les hommes que pour les femmes, des pensions, du système de taxation, de l'éducation, du bien-être social et de la santé. A l'inverse, toujours dans les mêmes proportions hommes /femmes les souhaits que les décisions soient prises au niveau européen concernent la lutte contre le terrorisme, la protection de l'environnement, la défense et les affaires étrangères la recherche, l'énergie et la solidarité à l'égard des régions en difficultés.


Attitudes et opinions des Européennes à la veille des élections européennes de 2009 - Synthèse analytique

Publié dans ELECTIONS PASSEES

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