Les statistiques ethniques, une arme à double tranchant

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

Au nom de la lutte contre les discriminations, la France réfléchit à la possibilité de collecter des données relatives à l’origine ethnique. Ce projet controversé fait aussi polémique ailleurs en Europe.

16.04.2009 | Oriol Güell | El País

Dessiner une carte ethnique de la France est aux yeux de beaucoup aussi incompatible avec les valeurs républicaines qu’accueillir un nouveau roi à Versailles. Or c’est précisément ce qu’entend faire Nicolas Sarkozy, par le biais d’enquêtes qui permettront de radiographier la société afin de “mesurer l’ampleur des discriminations et l’efficacité des politiques publiques” en matière d’intégration, selon les termes du commissaire à la Diversité, Yazid Sabeg.

L’objectif est louable, mais il transgresse un tabou de la France républicaine, qui, jusqu’à présent, interdit de collecter des données sur l’origine, la race ou la religion. La dernière loi [informatique et libertés] date de 1978, mais les limites imposées à ce type de statistiques remontent aux années qui ont suivi le régime de Vichy, dont le recensement des Juifs avait servi à envoyer des dizaines de milliers de personnes dans les camps de concentration nazis. Mesurer la diversité, soutiennent les adversaires du projet, c’est lui donner plus d’importance qu’aux valeurs partagées d’égalité, de fraternité et de liberté. “Notre République ne doit pas devenir une mosaïque de communautés”, a déclaré un autre membre du gouvernement, la secrétaire d’Etat à la Politique de la ville, Fadela Amara.

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Publié dans REVUES DE PRESSE

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