À quoi servira le grand emprunt ? Les priorités des scientifiques et des patrons

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

Ghislain de Montalembert et Marc Durin-Valois -03/07/2009 | Mise à jour : 17:45

Emprunt d'État : «Le Figaro Magazine» a demandé à des scientifiques et des chefs d’entreprise ce que serait leur projet prioritaire.

MICHEL GODET* - «Mettre de l'eau sur les plantes qui poussent»

La priorité, à mes yeux, n'est pas tant de trouver de nouveaux projets nationaux dans lesquels investir que d'aider concrètement ceux qui marchent déjà. Il faut se promener avec un arrosoir et mettre de l'eau sur les plantes qui poussent naturellement ! Si on veut développer l'activité et l'emploi, il est notamment essentiel de partir des initiatives locales pour les mutualiser et organiser la contagion des bonnes pratiques dans les territoires. C'est déjà ce que fait le Centre national de l'entrepreneuriat, un institut du Cnam. Les petits ruisseaux font de grandes rivières (mais fallait-il pour cela ce grand emprunt, qui fera peser un fardeau de plus sur les générations futures ?). Quelques idées simples à mettre en œuvre, aussi, en vrac. Faisons de la santé une vraie priorité, en consacrant davantage de fonds à la prévention (5 % seulement des dépenses de santé, aujourd'hui). Et cessons de faire la quête pour la lutte contre le cancer. Si c'est important, que la collectivité la prenne plus sérieusement en charge ! Autre suggestion : rouvrons les internats de province pour les jeunes des quartiers en difficulté. Et investissons massivement dans la formation technique et professionnelle de notre jeunesse. Il faut revaloriser les métiers manuels. La France va avoir besoin d'électriciens, de plombiers, de professionnels de la construction durable (isolation, énergie solaire...). Donnons-leur un coup de pouce ! Autre piste : l'instauration d'une prime à la mobilité doublée d'une exonération de droits de mutation pour ceux qui déménagent loin de chez eux dans le but de décrocher un emploi. Il y a 75 000 offres d'emplois qui ne sont pas satisfaites dans la métallurgie, faute de main-d'œuvre locale !

*Professeur au Conservatoire national des arts et métiers (Cnam), auteur du Courage du bon sens, Odile Jacob, 2009.

 

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Publié dans GRAND EMPRUNT D'ETAT

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