Banques : les bonus des traders sont inutiles pour l'économie

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

Par Jean Matouk | Economiste | 10/08/2009 | 15H23

Les bonus que Goldmann Sachs et BNP Paribas ont provisionnés sur leurs comptes trimestriels posent deux types de question. Comment les deux banques, et d'autres, ont-elles réalisé des profits suffisants pour justifier le versement de tels bonus à leurs traders ? Sont-ils économiquement, sinon moralement, fondés ?

Les banques ont facilement gagné de l'argent sur les marchés

Les montants provisionnés ne sont pas les mêmes : un peu plus de 11 milliards de dollars pour la banque américaine sur les deux premiers trimestres, et 1 milliard d'euros pour la française. Goldman Sachs a annoncé un bénéfice, au second trimestre, de 3,4 milliards soulignant même que ses équipes de traders ont généré « 46 journées de bénéfices supérieurs à 100 millions de dollars ».


La banque américaine avait pris la précaution préalable de rembourser par anticipation au Trésor américain les 10 milliards de dollars reçus dans le cadre du plan Tarp (février 2009) de sauvetage des banques américaines. BNP Paribas, par contre, n'a pas remboursé les 5,1 milliards d'euros d'actions de préférence que l'Etat a souscrit à son capital pour renforcer ses fonds propres. Son bénéfice semestriel est de 3,5 milliards.

  1. Comment de tels résultats ont-il été possibles durant ces deux premiers trimestres 2009, alors que les banques étaient présentées comme « au bord du gouffre » à l'automne 2008 ?
  2. Ces bonus devraient-ils être promis donc versés ?

D'abord, toutes les banques n'étaient pas au bord de la faillite ! Un grand nombre d'entre elles ont dû provisionner dans leurs comptes les pertes sur les titres issus des titrisations en cascade des « subprimes », mais la plupart pouvaient le supporter. Cela faisait baisser leurs fonds propres, et c'est pourquoi les Etats ont apporté des capitaux à beaucoup de banques. Pour faire remonter leurs niveaux de fonds propres par rapport à leurs concurrentes ! Mais elles restaient bien vivantes, sauf quelques unes.


Ensuite, depuis plusieurs mois, à partir du niveau très bas où elles étaient tombées, les Bourses sont reparties à la hausse. L'indice de la Bourse de Paris, le CAC 40, par exemple, qui était à 2500 points début mars, est aujourd'hui à 3500.


Sur la même période, le DOW Jones de New York est passé de 6300 à 9300 points. Dans des phases haussières de ce type, les possibilités de gains cumulatifs sont élevées et fréquentes. Surtout pour les « traders » qui passent leur temps devant leurs écrans, achètent et revendent éventuellement dans la même journée.


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