Financement des partis politiques : il y a des "prétendus partis" qui "autorisent tous les trucages" et contournent la loi, pour François Bayrou

Publié le par MODEM MARNE & CHANTEREINE - CHELLES

François Bayrou a accordé ce vendredi un entretien au quotidien "Le Parisien" concernant les micropartis qui captent les financements.

Le Parisien : Que reprochez-vous à ces petits "partis" ?

François Bayrou : Ce qui garantit une vie politique honnête et transparente, c'est que la loi soit respectée et qu'elle soit la même pour tous. Or ces prétendus "partis", dont on vient de découvrir l'existence, ne sont rien d'autres que des officines de financement, destinées à tourner la loi. J'ai été stupéfait d'apprendre qu'il en existe plusieurs centaines, alors que tout le monde sait bien que, de l'extrême-gauche à l'extrême-droite, il n'y a pas plus d'une douzaine, une vingtaine au maximum, de vraies formations politiques en France. Ces structures opaques autorisent tous les trucages et tous les dépassements.



Mais les partis financent bien des candidats individuels ?

Les vrais partis, parce qu'ils sont contrôlés et limités dans les versements, rendent impossibles, s'ils sont honnêtes, les financements illégaux. On savait qu'il existait déjà des partis d'outremer qui sont déjà en eux-mêmes des anomalies quand ils permettent de recycler des financements d'activités politiques dans l'Hexagone. Mais ce n'est pas inimaginable de voir ainsi se multiplier des organisations opaques et parallèles. C'est un manquement grave à la loi et à son esprit, ne serait-ce, comme on le voit dans l'affaire Bettencourt, parce qu'une seule personne peut multiplier les chèques à des structures qui sont en réalité gigognes. Et c'est une atteinte à l'égalité des citoyens devant la loi.

En quoi ?

Parce que certains s'obligent à passer par un parti politique national et, pendant ce temps, d'autres se fabriquent leur propre pseudo-parti pour se financer eux-mêmes, sans activité réelle, ni expression publique, ni comptes publics déclarés. Tout cela est anormal et grave.

Nicolas Sarkozy souhaite une commission de réflexion sur les conflits d'intérêt. Y participerez-vous ?

J'ai suggéré l'idée de cette commission. Je souhaite qu'elle aille jusqu'au bout et qu'une loi soit proposée. Mais il faut tout mettre sur la table en matière de financements politiques pour qu'on entre, sans avoir peur de personne, dans l'assainissement de notre vie publique.

Propos recueillis par Martine Chevalet.

Publié dans MOUVEMENT DEMOCRATE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article