On ne naît pas loup, on le devient

Publié le par CHELLES AUTREMENT

Publié le 21-02-2008 18:04
Tribune de Sihem Habchi Présidente de Ni putes ni soumises

Lundi à l’aube, une opération policière à Villiers-le-Bel nous a fait revivre les douloureux événements de novembre dernier : trente-trois arrestations. Aucune fille interpellée. Pourrait-on alors en déduire que les filles n’intègrent jamais ce processus de violence ? Cependant, les récents événements à Chelles – une rixe de 40 filles près d’une gare – révèlent au grand public l’existence de “gangs de filles”. Hier, ils n’étaient composés que de deux ou trois personnes, souvent liées par le lien du sang. Aujourd’hui, ils peuvent en compter une vingtaine.

Les filles utilisent donc ce moyen, à l’instar des “grands frères”, pour revendiquer leur existence, pour forcer leur respect. Elles n’hésitent pas à se saisir de couteaux, de battes ou autres armes pour régler un différend amoureux. Se lançant entre bandes des joutes imparables, dignes des plus grandes scènes de leurs homologues masculins. La violence n’a donc pas de sexe. Faute de trouver un espace d’émancipation, faute de trouver dans l’école des outils pour leur construction sur lesquels s’accrocher, elles se réfugient dans un carcan fait de coups et de sang, de larmes et de terreur. Nous n’aurions, nous filles des quartiers, d’autre choix que la violence ou le port du voile ? Je reste convaincue qu’on ne naît pas loup, mais qu’on le devient. La vie de tous les jours ne peut être paramétrée par son sexe, son origine sociale, son quartier…

LIRE LA SUITE
Publicité

Publié dans REVUES DE PRESSE

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article