Des élus saisis de la folie des grandeurs
Florilège d'ambitieuses réalisations toujours plus chères que prévu.
Le «Palais» des Rhône-Alpins Cher et clinquant : le nouveau siège de la région Rhône-Alpes est déjà surnommé «le Palais» par l'UMP. Au départ, les élus étaient unanimes : il fallait un bâtiment pour accueillir les 1 200 agents régionaux qui se pressent dans des préfabriqués autour du siège actuel. En 2005, le nouveau quartier de la Confluence, sur la presqu'île de Lyon, est choisi pour qu'y soit construit le bâtiment dessiné par l'architecte Christian de Portzamparc. Le projet est estimé à 96 millions d'euros, mais la facture gonfle pour s'établir à 123,8 millions (+ 30%) en décembre dernier. Seul point que la démesure n'a pas atteint : le parking, qui n'aura que 435 places, pour 1 200 agents, sans compter les délégations des départements qui viennent régulièrement en réunion.
La chère télé du Nord-Pas-de-Calais - La liste des actionnaires est impressionnante. Jugez plutôt : La Voix du Nord, le Crédit agricole, la Caisse d'épargne, Roularta (propriétaire de L'Express), Boileau TV (Groupe NRJ), et, bientôt, une société d'économie mixte (SEM) regroupant la région Nord - Pas-de-Calais et les deux départements. Wéo, la nouvelle chaîne régionale de télévision numérique du Nord - Pas-de-Calais, a mis le paquet, avec une équipe de 35 personnes, des programmes entièrement consacrés à la région et trois mots-clés : informer, distraire, échanger. Budget annuel prévu : 3,2 millions d'euros, dont 2 millions seront à la charge de la SEM, donc de la région et des départements.
En échange de ce financement, Wéo produira deux programmes quotidiens pour promouvoir la vie de la région, une rubrique de cinq minutes et une émission de débats en plateau de vingt-cinq minutes.
D'autres programmes de cinquante-deux minutes doivent être diffusés une fois par mois. Ceux-ci seront coproduits par la région et par d'autres chaînes et sociétés de production locales, pour un montant supplémentaire prévu de 1 million d'euros annuels. La Voix du Nord restera le premier actionnaire, mais ce sont les collectivités locales, engagées sur trois ans, qui financeront deux tiers du budget. Cherchez l'erreur.
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