Le banquier central, le politique et la complexité du monde
BÉATRICE GUEDJ
[ 13/08/08 ]
Les débats autour de la politique de taux d'intérêt menée par la Banque centrale européenne se sont multipliés cet été. La dialectique entre « dove » et « hawk », les « colombes » favorables à une stratégie souple et les « faucons » partisans d'une stratégie ferme de resserrement monétaire pour lutter contre les pressions inflationnistes, s'est diffusée à l'ensemble des médias et parfois de manière caricaturale. Coïncidence des calendriers ou pas, Nicolas Sarkozy est monté au créneau pour dénoncer une nouvelle hausse du loyer de l'argent à l'aube de la présidence française de l'Union européenne. José Luis Zapatero, président du gouvernement espagnol, lui a emboîté le pas, soutenant qu'une telle pratique précipiterait plus encore le ralentissement économique de son pays, ce qui est fort probable. Le 2 juillet, la Banque centrale européenne a néanmoins relevé le taux directeur de 25 points de base, comme les marchés s'y attendaient. Le 6 juillet, elle les a maintenus à 4,25 %, plus du double des taux d'intérêt de référence fixés par sa consoeur américaine.
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